« Les autres partis ont un passif, nous avons un projet » – Jeune Afrique



Covid-19, relations avec Ennahdha, code électoral… Neuf mois après sa défaite à l’élection présidentielle, le président de Qalb Tounes appelle les responsables politiques tunisiens à revoir la gouvernance de fond en comble.


Candidat à la présidentielle d’octobre 2019, et arrêté par la police à quelques semaines du premier tour, Nabil Karoui est aujourd’hui déterminé à faire siéger des représentants de son parti, Qalb Tounes, autour de la table du Conseil des ministres.

Car l’homme politique juge sévèrement les premiers pas de l’exécutif tunisien. Et impute la situation catastrophique du pays à l’incurie des gouvernants, notamment lors de la précédente mandature, qu’il accuse d’avoir maquillé les comptes des entreprises publiques. Fort de 27 députés, Karoui prévient qu’il faudra compter avec lui dans les semaines à venir. Rencontre.

Jeune Afrique : Quels enseignements tirez-vous de la crise du Covid-19 ?

Nabil Karoui : Que des secteurs entiers s’écroulent mais que des opportunités se créent. Les effets de la crise se feront sentir sur plusieurs années. Je crois que ce pourrait être une chance pour la Tunisie. Par exemple, les entreprises et les multinationales qui avaient un fort tropisme chinois souhaitent relocaliser, être dans la proximité. La Tunisie allie de fortes compétences à une position géographique idoine pour offrir les meilleurs services.

Concrètement, comment attirer ces opportunités ?

J’appelle à la création d’une task force commerciale pour démarcher les partenaires internationaux. Nous pourrions créer les conditions du rebond de notre secteur textile. Malheureusement, je n’en vois pas les prémices. Nous nous perdons en enfantillages, avec une lieu d’une loi de Finances complémentaire passée en catimini.

Si j’avais été chef du gouvernement, j’aurais profité de mes pouvoirs spéciaux pour proposer des avantages aux investisseurs, et créer les conditions de l’attractivité. Nous devons capitaliser sur nos excellents résultats sanitaires pour promouvoir notre secteur technologique, notre industrie pharmaceutique et évidemment notre tourisme. Nos plages sont belles, le pays est sûr : qui ne viendrait pas ? Il nous faut aussi impliquer davantage notre communauté à l’étranger, notre premier ambassadeur, trop souvent négligée.

En tant que président de Qalb Tounes, quel bilan faites-vous des premiers mois de législature ?

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