la corruption jusqu’au sommet de l’État – Jeune Afrique



Quinze ans de prison ferme et une amende de 8 millions de dinars : le verdict est tombé ce mercredi contre le général Abdelghani Hamel, poursuivi pour « blanchiment d’argent, incitation de fonctionnaires pour l’obtention d’indus avantages, non-déclaration de patrimoine et enrichissement illicite ». Son épouse et ses enfants écopent aussi de lourdes peines.


La première vague de révélations ? Les WikiLeaks, en 2010. La fuite de câbles diplomatiques américains avait appris aux Algériens l’étendue de la corruption, érigée en système et ancrée jusqu’au sommet de l’État. Une décennie plus tard, les procès qui se tiennent à Alger révèlent les détails de cette corruption, ses bénéficiaires ainsi que les mécanismes mis en place pour faire fortune. Chaque nouvelle audience suscite effarement et dégoût.

Le tribunal d’Alger se penchait ce mercredi 1er avril sur le cas du général Abdelghani Hamel, 64 ans, ancien patron de la police, figure éminente de l’ex-clan présidentiel, poursuivi pour – entre autres –  « association de malfaiteurs. » Car son épouse, ses enfants et lui-même auraient largement profité de détournements de fonds et de biens publics. Les magistrats ont prononcé de lourdes peines contre la famille Hamel : 15 ans de prison ferme et 8 millions de dinars d’amendes pour le père, deux ans de prison ferme pour la mère, et de sept à dix ans de prison ferme pour les enfants – trois garçons et une fille. Pour l’un des avocats de la partie civile, « la famille a dû rendre des comptes pour des faits que le père était censé combattre ».

Le système Hamel était donc d’abord une histoire de famille. Et de géographie… Originaire de Tlemcen, dans le nord-ouest de l’Algérie, comme beaucoup de responsables civils et militaires promus par Abdelaziz Bouteflika, Abdelghani Hamel a fait l’essentiel de sa carrière dans la gendarmerie nationale avant d’être nommé, en 2008, patron de la Garde républicaine. Un poste qui lui confère alors une grande proximité avec le frère et conseiller du président, Saïd Bouteflika, considéré comme le régent au sein même du sérail politique. Hamel affermit rapidement son assise au sein du clan présidentiel. Sa loyauté est récompensée deux ans plus tard : le voilà propulsé la tête de la police nationale. Avec 200 000 agents, des moyens quasi illimités, le nouveau directeur général de la Sûreté nationale (DGSN) met en place un système généralisé de surveillance et de flicage. Écouter, espionner, surveiller et monter des dossiers pour s’en servir le cas échéant.

2018, la chute

Abonné(e) au magazine papier ?
Activez gratuitement votre compte Jeune Afrique Digital
pour accéder aux contenus réservés aux abonnés.





Source link

Leave a Reply

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.