avec Rabah Arezki, l’Algérie décroche une vice-présidence – Jeune Afrique



Absent au sommet de la BAD, le cinquième actionnaire africain de l’institution voit un ressortissant nommé VP et économiste en chef.


Le 1er octobre prochain, l’économiste algérien Rabah Arezki sera officiellement installé au poste d’économiste en chef et vice-président, chargé de la gouvernance économique et la gestion du savoir, de la Banque africaine de développement (BAD). Depuis 2017, il occupait celui d’économiste en chef Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) à la Banque mondiale.

Longue carrière à Washington

Trilingue (français, anglais et arabe), diplômé de la prestigieuse École nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE) en France et de l’Institut universitaire européen, en Italie, où il a obtenu son doctorat en 2006, Rabah Arezki a passé l’essentiel de sa carrière au sein des institutions de Bretton Woods, à Washington.

Au FMI d’abord, où recruté en 2006, il passe onze ans, comme économiste puis responsable du département de recherche sur les matières premières,  avant de rejoindre la Banque mondiale, pour piloter et superviser la recherche et l’analyse économique sur la zone MENA.

À la BAD, Rabah Arezki prendra la suite du Zambien Charles Lufumpa, statisticien de formation, qui assurait l’intérim depuis quelques mois au poste occupé auparavant par le Camerounais Célestin Monga, de retour à la Banque mondiale comme conseiller-directeur.

L’Algérie, un actionnaire majeur, longtemps sous-représenté à la BAD

Au siège à Abidjan, Rabah Arezki sera de loin le plus haut cadre algérien de l’institution panafricaine. L’Algérie, cinquième actionnaire africain de la BAD avec 4,3 % du capital, a longtemps souffert d’une sous-représentation au sein des instances dirigeantes de la banque, et plus largement dans les effectifs de l’institution.

Depuis au moins une demi-douzaine d’années, aucun Algérien n’a figuré parmi les membres du comité de direction de la BAD. Selon les derniers chiffres disponibles, en 2015, seul neufs citoyens de la république démocratique et populaire étaient salariés de l’institution, soit à peine 0,7 % du staff, contre 5,2 % de cadres français, alors que Paris ne représentait que 3,7 % du capital (3,44 % au 31 mars 2020).

Rabah Arezki rejoint la BAD alors que son président, le Nigérian Akinwumi Adesina, fait face à un grave crise interne, née de la plainte de lanceurs d’alerte interne lui reprochant, entre autres, sa politique de ressources humaines, son style de management, une « politisation » de la distribution des postes au sommet de l’organigramme ou encore la validation de contrats controversés.


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Malgré la défense vigoureuse de ses choix et de son bilan faite par Adesina et une première décision du comité d’éthique rejetant les allégations des lanceurs d’alerte, un panel a été nommée, sous la houlette de l’ex-présidente irlandaise Mary Robinson, pour examiner le rapport dudit comité.

Un CV impressionnant

Alors que l’élection du futur président de l’institution, prévue à la fin août, s’annonce serrée pour Adesina, seul candidat, nul doute que les critiques de l’ex-ministre nigérian de l’Agriculture verront dans le choix du nouvel économiste en chef un appel de phares adressé à Alger. Bien que les nominations aux postes de vice-présidents ne soient nullement du seul ressort du patron de l’institution, et nécessitent l’approbation des instances supérieures de la BAD.

La contestation des qualifications de Rabah Arezki s’annonce cependant difficile. Disposant de près de quinze années d’expérience dans la recherche et l’analyse au sein d’institutions multilatérales, il est chercheur affilié à l’université d’Oxford et à Harvard Kennedy School, et compte une centaine de documents de travail et articles de recherche en économie.

L’économiste algérien figure dans le top 5 mondial de la profession dans plusieurs catégories dont : travaux les plus cités, nombre de documents de recherche et articles, nombre d’articles les plus téléchargés (sur les douze derniers mois) selon IDEAS, une base de données compilées par la Banque fédérale de réserve de Saint-Louis, aux États-Unis. Ses travaux les plus récents portent sur « Le revirement de fortune pour les responsables politiques après les chocs pétroliers » [PDF].





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